C’est la fin d’un partenariat qui n’aura jamais véritablement pris son envol. Plus d’un an après la signature d’une Convention de Concession visant l’exploitation de services de transport maritime, l’État gabonais et la société EBOMAF Gabon ont décidé d’y mettre fin d’un commun accord.

Un projet ambitieux mais plombé par des conditions non remplies
Signée le 23 février 2024, puis renforcée par deux avenants en mai et août 2024, la Convention prévoyait la modernisation des quais, hangars et installations portuaires du pays.
Mais l’entrée en vigueur du contrat était conditionnée à plusieurs obligations de l’État, notamment :
la mise à disposition effective des quais et sites d’exploitation ;
la mise en place et le financement d’un plan social pour la Compagnie Nationale de Navigation Intérieure et Internationale (CNNII) ;
la présentation d’un plan de construction et de réhabilitation des infrastructures portuaires.
Aucune de ces conditions suspensives n’a été respectée, rendant impossible l’exécution du contrat.
EBOMAF avait pourtant investi
Malgré ces obstacles, EBOMAF Gabon avait multiplié les initiatives pour préparer le terrain : acquisition de navires déjà présents dans les eaux gabonaises, financement d’études techniques, préfinancement pour la réhabilitation des quais, paiement de trois mois de salaires aux employés de la CNNII, ainsi que des missions à l’étranger pour inspection et validation de matériel.
Un procès-verbal signé le 5 février 2025 avait même officialisé le transfert de la gestion des services de transport maritime de la CNNII vers EBOMAF.
Des freins juridiques et fonciers insurmontables
Les difficultés ne se sont pas arrêtées là. Des investigations menées par le concessionnaire ont révélé que certains terrains stratégiques du périmètre concédé, notamment sur le site ACAE, étaient en réalité immatriculés au nom de particuliers disposant de titres de propriété. Une situation rendant toute construction ou investissement juridiquement impossible.
Une rupture officialisée

Face à ces blocages persistants, EBOMAF Gabon a proposé à l’État de constater la nullité de la Convention. En application de son article 43, les deux parties ont signé une résiliation à l’amiable.
Ce « divorce » met fin à un projet qui avait nourri beaucoup d’espoirs pour la relance du transport maritime gabonais. Reste désormais à savoir quelle nouvelle stratégie adoptera l’État pour moderniser et dynamiser ce secteur stratégique pour l’économie nationale.
La Rédaction.






































