Le Conseil des ministres franchit une nouvelle étape dans la modernisation de la gouvernance des infrastructures au Togo. Avec la création de l’Agence des travaux et de gestion des routes du Togo (AGEROUTE TOGO), de la Société nationale de financement routier (SONAFIR), du Bureau d’études et d’ingénierie du Togo (BEIT), ainsi que le projet de guichet unique des infrastructures, le gouvernement engage une profonde restructuration du secteur.

Au-delà des nouvelles dénominations administratives, cette réforme traduit une volonté de répondre aux principaux défis qui ralentissent depuis plusieurs années la réalisation des projets : lenteurs administratives, difficultés de financement, dépendance à l’expertise étrangère et manque de coordination entre les différents intervenants.
L’AGEROUTE TOGO sera désormais chargée de la maîtrise d’ouvrage déléguée des projets routiers. Son rôle sera de coordonner techniquement les chantiers, d’améliorer leur suivi et de réduire les délais d’exécution.
De son côté, la SONAFIR succède à la SAFER avec une mission élargie. Au-delà du financement de l’entretien routier, elle devra mobiliser de nouvelles ressources grâce à des mécanismes innovants et à des partenariats stratégiques, afin d’accompagner les ambitions du pays en matière d’infrastructures.
Autre innovation majeure : le Bureau d’études et d’ingénierie du Togo (BEIT). Cette structure permettra de développer une véritable expertise nationale dans les études techniques, la conception, le contrôle et la supervision des ouvrages publics. L’objectif est clair : réduire progressivement la dépendance envers les cabinets étrangers et renforcer les compétences togolaises.

Enfin, le futur guichet unique des infrastructures, alimenté par le Réseau national de correction centimétrique de position géographique (CENTIPOS), ambitionne d’améliorer la coordination entre les concessionnaires de réseaux et les maîtres d’ouvrage. Cette plateforme devrait limiter les conflits entre réseaux, éviter les destructions accidentelles lors des travaux et améliorer la planification des projets.

Selon Eli Sfer, directeur de projet sur l’axe Sokodé–Tchamba–Kambolé, cette réforme constitue une évolution majeure. «« La création simultanée d’une agence d’exécution, d’une structure de financement et d’un bureau national d’ingénierie répond à une logique moderne de gouvernance des infrastructures. Chaque acteur dispose désormais d’une mission clairement définie, ce qui devrait réduire les chevauchements de responsabilités et améliorer l’efficacité globale des projets. »»
Il a aussi ajouté que: «« Le véritable enjeu sera désormais la qualité de l’exécution. Si les ressources financières suivent et que les nouvelles structures disposent de personnels qualifiés, le Togo pourrait considérablement accélérer la réalisation de ses projets routiers tout en améliorant leur qualité technique. »»
Une vision à long terme
Cette réforme intervient dans un contexte où le Togo multiplie les investissements dans les infrastructures routières afin de soutenir la croissance économique, faciliter les échanges régionaux et renforcer son rôle de plateforme logistique en Afrique de l’Ouest.
En séparant clairement les fonctions de financement, de maîtrise d’ouvrage, d’ingénierie et de coordination des réseaux, le gouvernement entend instaurer une gouvernance plus performante, inspirée des meilleures pratiques internationales.
Si leur mise en œuvre est accompagnée d’une gouvernance rigoureuse, ces nouvelles structures pourraient constituer l’un des leviers majeurs de transformation du secteur des infrastructures au cours des prochaines années.
La rédaction





































