Sokodé, le 17 juin 2025 – La salle de l’ancien conseil de préfecture de Sokodé a servi de cadre ce mardi à une séance cruciale : la présentation du compte administratif (CA) 2024 de la commune Tchaoudjo 1 par son maire, M. KORODOWOU AHINI Mankana. Un exercice de transparence obligatoire, mais dont les résultats ont suscité autant de débats que d’inquiétudes.
Un budget sous tension : seulement 50,6% des prévisions réalisées
Les chiffres parlent d’eux-mêmes :
– Prévisions 2024 : 478 159 149 FCFA
– Réalisations : 242 159 657 FCFA (50,64%)
– Investissements prévus : 145 309 149 FCFA – Investissements réalisés : 79 208 641 FCFA (54,51%)
Si les investissements ont légèrement augmenté par rapport à 2023, les recettes mobilisées restent très en deçà des besoins. Une situation préoccupante pour une commune aussi vaste et historiquement importante que Tchaoudjo 1, confrontée à des défis majeurs : gestion des déchets, assainissement, infrastructures dégradées, et pression démographique.
Une assemblée sous tension : « Faites mieux ! »

La session a réuni des acteurs clés : – Honorable AMADOU Y. Mashoud, Vice-Président du Conseil régional – M. BAWO Moukadassi, secrétaire général de la préfecture, représentant le préfet ALASSANI Abdounassourou- Le contrôleur financier de la région centrale – Des chefs traditionnels, responsables des services déconcentrés et membres de la société civile
Les interventions ont été sans concession. Les participants ont unanimement appelé le maire à redoubler d’efforts en matière d’investissements. « Les besoins sont énormes, et la population attend des résultats concrets », ont-ils martelé.

Le rappel à l’ordre du préfet : « La décentralisation exige des ressources locales »

Le représentant du préfet a tenu un discours ferme : « Il faut sensibiliser davantage les contribuables. La décentralisation, c’est le développement par et pour les populations locales. Mais cela ne fonctionne que si chacun assume sa part notamment par le paiement des taxes et redevances. »
Un message clair : la commune ne pourra pas progresser sans une meilleure mobilisation des recettes locales.
Pourquoi un tel écart entre prévisions et réalisations ?
Plusieurs facteurs expliquent ces résultats mitigés : Faible recouvrement des impôts et taxes, de nombreux contribuables ne s’acquittent pas de leurs obligations. Dépendance aux subventions de l’État, les transferts budgétaires ne suffisent pas. Gouvernance locale perfectible. Certains projets traînent en raison de lenteurs administratives. Contexte économique difficile, inflation, chômage et baisse du pouvoir d’achat réduisent les rentrées fiscales.
Quelles solutions pour Tchaoudjo 1
Renforcer la sensibilisation fiscale, expliquer aux citoyens l’importance des taxes pour le développement local,optimiser la collecte des recettes, moderniser les systèmes de recouvrement et lutter contre la fraude, prioriser les projets structurants, cibler les investissements dans l’assainissement, les routes et l’éducation, mpliquer davantage la société civile,pour plus de transparence et un meilleur suivi des engagements.
Un test pour la gouvernance de M. AHINI…
Ce compte administratif 2024 est un avertissement sérieux. Si Tchaoudjo 1 veut sortir de l’ornière, il faudra : Une meilleure mobilisation des ressources, Une gestion plus rigoureuse des fonds publics, Un dialogue renforcé avec la population, La balle est dans le camp du maire. 2025 sera-t-elle l’année du rebond ?






































