La Guinée-Bissau a renoué, mercredi 26 novembre 2025, avec les soubresauts politiques qui jalonnent son histoire récente. Des tirs nourris ont éclaté dans la matinée autour du palais présidentiel, du ministère de l’Intérieur et de la commission électorale à Bissau. Quelques heures plus tard, un groupe de militaires est apparu à la télévision nationale pour annoncer la prise de contrôle du pays, la suspension du processus électoral en cours et la fermeture immédiate des frontières terrestres, aériennes et maritimes.
Ce nouvel épisode intervient seulement trois jours après les élections générales du 23 novembre. Le climat était déjà tendu : le président sortant, Umaro Sissoco Embaló, et son principal rival, Fernando Dias da Costa, revendiquaient chacun la victoire avant la publication des résultats officiels. L’armée affirme être intervenue pour « préserver l’intégrité du pays » face à un processus électoral qu’elle jugeait « biaisé ». Le président Embaló a de son côté déclaré avoir été arrêté puis placé sous contrôle militaire.

La Guinée-Bissau, indépendante depuis 1974, reste l’un des États les plus instables d’Afrique de l’Ouest. Le pays a connu plusieurs coups d’État, notamment en 1998, 2003 et 2012, auxquels s’ajoutent des mutineries et tentatives avortées. Cette instabilité chronique fragilise les institutions et empêche l’implantation durable d’un système démocratique capable d’inspirer confiance.
Les conséquences immédiates du putsch sont déjà visibles : institutions paralysées, frontières fermées, tensions dans certains quartiers de Bissau et incertitude sur le calendrier politique. Les organisations régionales, dont la CEDEAO et l’Union africaine, devraient se prononcer dans les prochaines heures. Les pays voisins suivent la situation avec attention, redoutant une nouvelle crise prolongée dans une région déjà fragilisée par les transitions politiques, les conflits internes et les coups d’État successifs.
Pour l’heure, aucun calendrier de retour à l’ordre constitutionnel n’a été annoncé par les militaires. La Guinée-Bissau s’enfonce ainsi dans une nouvelle zone de turbulence, avec un avenir politique immédiat encore opaque et une population qui espérait, cette fois, une transition électorale pacifique.





































