La récente dissolution du Parti démocratique de Guinée – Rassemblement démocratique africain (PDG-RDA) continue de susciter une vague d’indignation en Guinée. Pour l’analyste Khalil Djafounouka Kaba, cette décision dépasse le simple cadre administratif ou politique : elle constitue une véritable atteinte à la mémoire historique du pays. Dans une tribune largement relayée dans la presse guinéenne, il estime que la disparition juridique de ce parti historique revient à effacer une part essentielle de l’histoire nationale et du combat pour l’indépendance.

Fondé dans la lutte anticoloniale et porté au pouvoir par Ahmed Sékou Touré, le PDG-RDA est intimement lié à la naissance de la Guinée indépendante. C’est sous sa bannière que le pays a mené son combat politique et construit ses premières institutions après 1958. Durant la Première République, le parti a structuré l’État et incarné le projet politique du premier président guinéen, qui a dirigé le pays pendant plus de deux décennies.
Pour Khalil Djafounouka Kaba, dissoudre un tel parti revient symboliquement à porter atteinte à l’héritage politique de Sékou Touré et de toute une génération de militants qui ont sacrifié leur vie pour la souveraineté du pays. Selon lui, même si l’histoire du PDG-RDA comporte des zones d’ombre, son rôle dans la libération nationale demeure incontestable. Effacer ce parti de la scène politique serait donc, selon ses mots, « une blessure infligée à la mémoire nationale » et un manque de respect envers ceux qui ont contribué à bâtir la Guinée moderne.

Au-delà du débat politique, cette décision ravive une question plus profonde : celle de la préservation de la mémoire historique. Pour de nombreux observateurs, l’héritage de Sékou Touré ne peut être dissocié de l’histoire même de la Guinée. Et toute mesure visant à marginaliser le PDG-RDA risque d’être perçue par une partie de l’opinion comme une tentative de réécriture de l’histoire nationale.







































